« Un journaliste fonctionnaire », réécrit l'Histoire de la révolution Burkinabé.
Cheikh Anta Diop, toute sa vie durant s'est montré intraitable envers les falsificateurs de l'histoire. Avec l'attitude affichée par le journaliste Moussa Paye, suite à sa prestation vendredi 5 octobre dernier, après la projection du film « Fratricide au Burkina et la Françafrique », programmé par le Comité sénégalais pour la 20ème commémoration de l'assassinat de Thomas Sankara, il est difficile de soutenir qu'il, n'est pas de ceux-là, En effet, dès l'entame des discussions, notre ami sorti de sa longue hibernation, s'est livré à dérouler un « cours d'histoire politique de la révolution Burkinabé ». Du « charabia, du préchi-précha historique », diront certains. Ne se souciant guère du fait que des témoins des événements comme lui, dont des burkinabé, étaient présents dans la salle. En ouvrant le ban, il taxe Sankara (après avoir insisté sur « ses erreurs »), de Sanguinaire, gratifiant au passage Compaoré du titre de « patron », si on peut ainsi dire, de la garnison de Po qui a été, pour lui, avec la Lipad. le « moteur de l'histoire de la révolution ». Aziz Fall, coordonnateur du Comité international, Justice pour Thomas Sankara contre l'impunité (CIJS), le premier à lui porter la réplique, a d'emblé balayé d'un revers de la main ses arguties historiques avant que M. Zon ne vienne lui porter l'estocade. Quant à Odile Sankara, Benjamin Faye et Aliou Sané, ils ont invité notre ami à plus de prudence et de sagesse, au lieu de faire dans des tirades qui frisent la provocation. Aziz a demandé à notre ami de démontrer en quoi Sankara était sanguinaire. Retournant aux témoignages du film, il a fait référence à la semonce faite par Sankara à ses partisans au moment où la situation devenait dangereuse pour tout le monde: « Si vous mettez fin à la vie de Compoaoré ou à celle d'un quelconque de ses partisans, vous seriez fusillés et moi je me retirerai ». M. Zon, pour sa part, a montré que c'est Sankara qui était le commandant de la garnison de Po, et que c'est lui qui avait posé comme condition avant l' acceptation de sa nomination au poste de premier ministre, que Blaise soit son remplaçant comme chef de la garnison de Po.
Reprenant la parole M. Paye a tenté d'articuler des accusations d'idolâtrie, de culte de la personnalité et surtout de ...chauvinisme en direction de ses contempteurs et par ricochet, sans doute, en direction des membres du Comité préparatoire. Il a tenté d'attiser le chauvinisme parce qu'offusqué du fait que tout simplement un intervenant a dit : « nous sommes des burkinabé ». Non pas pour interdire à M. Paye d'avoir son mot à dire sur la révolution burkinabé, mais pour lui signifier tout bonnement, qu'il est allé puisé à une seule source, ses infos. Alors que lui et ses compatriotes, étaient à la même source, témoins des faits. Mais ce qui est curieux dans la démarche impardonnable de notre ami, c'est sa tentative de vouloir absoudre Blaise de ses « crimes continus », depuis le 15 octobre 1987 et son refus d'admettre la version des autres. Parmi les crimes les plus odieux et les plus connus sont ceux perpétrés contre ses compagnons d'armes qui avaient pris le pouvoir avec lui : Lingani, Zongo. Le monde connaît également la fin tragigique de Norbert Zongo, brulé vif dans son véhicule avec plusieurs de ses collaborateurs. Et jusqu'ici c'est l'obstruction totale au niveau du dossier. Le fait également de nier le role joué par la France dans la préparation de la liquidation de Thomas, de présenter Taylor, l'ami de Blaise comme révolutionnaire, fait de lui quelqu'un placé dans une « situation de suspicion préventive », comme un comptable public. Robert Menard, un oligarque de RSF, connu pour ses accointances financières avec les relais de la Cia (NED, NID), n'est pas allé si loin dans une protection biaisée de Blaise et du régime actuel de Ouagadougou. Aussi, le fait de ne pas se montrer solidaire avec son confrère Nobert Zongo à cette occasion, fait penser au courroux d'un représentant d'un quotidien français, qui fustigeait le « comportement peu confraternel » à son égard, d'un de ses confrères sénégalais, qu'il considérait comme « journaliste fonctionnaire ». C'est-à-dire pas tout à fait indépendant. Au Comité Sénégalais, nous avons eu à dire que c'est une vision qui est commémorée et non l'assassinat. Mais cela n'empêche que des disciples du Dr Coué, tel « un cabri sur une chaise » se mettent à pérorer, à ressasser sur les « erreurs », les « dérives » de Sankara. Occultant ce qui essentiel. Or ce dernier a été le premier à reconnaître ses erreurs et celles des CDR, dans son fameux discours de 1987, prononcé quelque temps avant son assassinat. Notre « titulaire de chair « d'histoire politique nous dit de n'être d'aucune coterie. Mais sa prestation prouve tout à fait le contraire. On a eu comme l'impression que notre gars n'a pas entendu, ou n'a pas voulu entendre ce qu'a dit Sankara dans son discours sur les Cdr. Les témoignages de Mariane Chérif Sy et les autres acteurs ont rappelé ces erreurs, inhérentes dans toutes entreprise humaine. Mais cela ne suffira guère à ses détracteurs liés aux exploiteurs rapaces. Normal ! Cela entre dans l'ordre naturel de lutte la justice et l'injustice Nous considérons, pour notre part, que ce type de démarche qui épouse la stratégie et la tactique des dominants ne vise qu'un seul objectif : diaboliser la révolution et ceux qui incarnaient (Sankara en tête) la ligne du véritable changement. Un tel comportement place celui qui le véhicule, objectivement, du coté de la tyrannie contre la démocratie tout court. De ce point de vue, toute la composante de l'aile droitière réactionnaire de Aj, de Yeewu Yewwi,(deux organisations qui étaient à la pointe de la manifestation de protestation contre l'assassinat de Thomas en octobre 1987, à Dakar) peuvent etre classée dans ce lot. Heureusement qu'une l'autre saine composante reste fidèle aux principes et aux idéaux qu'incarnait Sankara. Cela dit, avant de se séparer, rendez –vous a été pris pour les 15 octobre à 17 heures et le 20 octobre à l'occasion de la projection d'un film sur Sankara, et de la conférence que donnera Demba Moussa Dembélé sur le thème : La révolution burkinabé, de Sankara à nos jours.
Le Comité souhaite que les discussions et les débats de ces manifestations soient en hauteur, loin de ceux de type caniveau. Car Thomas Sankara n'est pas du passé. Son programme africain se pose en terme toujours de LIBERATION. A tout point de vue.
A signaler que « Fratricide au Burkina et la Françafrique », est un film de très bonne facture que nous conseillons à tout le monde.
Pour terminer rappelons que, compte tenu de leur fidélité à l'idéal panafricaniste et au combat pour la libération de notre Continent, le Comité a tenu faire parrainer l' événement par : Le Premier Maodo Mamadou Dia, ancien Président du Conseil, Amadou Moctar Mbow, ancien directeur général de l'Unesco, Abdoulaye Ly, sociologue, ancien mnistre, Samir Amin, économiste, directeur du Forum du Tiers monde, Ministre, Aminata Sarr Inspectrice de l'enseignement à Kaolack,Charles Guèye, membre dirigeant de l'Observatoire pour la République et la Démocratie Citoyenne (ORDOC), Baye Mbaye Paye, notable de la région du Cap-vert, Sadio Camara, sociologue, enseignant à Keur Massar. C'est une façon, à nous, de reconnaître, de « décorer » nos combattants comme le font d'autres.